
C’est le cœur lourd que nous devons vous annoncer le départ de Thanvir. Il a quitté pour le Canada le vendredi 25 septembre, pour des raisons personnelles. Avant son départ, nous avons dû faire quelques préparatifs. Comme le compte en banque béninois était en son nom, Élicia et lui sont allés à Dassa pour l’ajouter dans les signataires du compte. Après de longs échanges avec la banque et un notaire, ils ont réalisé que ce ne serait pas possible avant son départ. Élicia a donc ouvert un autre compte béninois en son nom. Somme toute, la journée a été un succès, car ils ont pu retourner au village avant la noirceur. Cependant, 1h30 de petite moto, c’est douloureux pour les jambes.
Avancements
Malgré la nouvelle, nous devions tout de même continuer la construction de cette école! C’est à ce moment que nous avons commencé à couler les linteaux au-dessus des fenêtres. Grâce à nos ajustements à la consistance du béton, le tout se passe merveilleusement. David, un des maçons, est attitré à la fabrication des claustras, qui seront bientôt posés. C’est un très beau moule.
Nous avons également commencé les pignons, soit les formes triangulaires. Ceux-ci ont été complétés le vendredi sur le module un. Jusqu’à maintenant, nous travaillons simultanément sur le premier et le deuxième module. Cependant, comme nous avons amorcé les travaux de maçonnerie plus spécifiques, nous nous sommes concentrés sur le bâtiment 1 pour les deux prochaines semaines.

Projets secondaires
Comme nous souhaitons mettre de l’importance sur les projets secondaires, nous avons fait une rencontre d’urgence dans un des locaux de l’école. Le tableau et les craies nous ont permis de visualiser nos priorités et les projets qui nécessitent le plus de temps et d’attention. Thanvir nous a demandé, comme dernier vœu, de reconstruire le terrain de soccer que nous avions dû détruire. Comment lui dire non!
Festin !
Le soir avant son départ, nous avons célébré en grand! Chacun dans son habit traditionnel, nous avons concocté un festin! Daniel est parti discrètement à Savè pour acheter des chawarmas et des boissons. Henri et Élicia étaient à la cuisine. Ils cuisinaient… POUTINE. Eh oui, Élicia (la goat) a apporté assez de sacs de sauce pour en faire une par mois. Après de longues heures à frire toutes les frites d’igname, ils ont préparé la sauce. Difficile de convaincre Thanvir de rester loin de la cuisine, mais Kyana essayait de le distraire.
Le souper était rempli de rires, de partage de bons moments, de jeux de cartes et d’un discours touchant de notre ami.


Le lendemain matin, nous nous sommes levés tôt pour le voir partir sur la petite moto. Encore une fois, personne ne pleurait, sauf une. On ne dira toujours pas qui, mais c’est la même.
Vendredi, sur le chantier, nous avions débuté les colonnes de terrasse et les claustras au-dessus des fenêtres du premier bâtiment. C’est une tâche ardue de monter les briques à cette hauteur. Les murs du bâtiment 2 se tiennent haut, en attente de la prochaine étape.

Encore du remblai
Parlant de la prochaine étape, l’équipe, faute de pouvoir aider les maçons à cette hauteur, réalisait le remblai du deuxième module. Quatre tricycles déposaient de la terre en face des trous de portes et de fenêtres. Puis, deux personnes la passaient dans le trou, deux personnes l’amenaient au milieu et la dernière personne finissait le voyage pour remplir le fond.
Le samedi matin, nous avons eu droit à une infestation monstre de fourmis. Henri et Thanvir avaient l’habitude, mais là c’était extrême. On ne voyait presque plus le sol. C’était honnêtement dégoûtant. Notre gardien Popo a tout aspergé d’insecticide, incluant nos épices… fini le goût dans les plats.
Dimanche artistique
Dimanche, pendant que Kyana se reposait, le reste de l’équipe ainsi que des villageois se sont lancés dans la sculpture. Avec de l’argile fraîchement sortie du sol, nous avons bien ri des talents artistiques de chacun. Simon, lui, est un artiste refoulé! Son éléphant était la plus belle structure et de loin (il a triché, car il avait une référence).
Lundi et mardi, même chose sur le chantier. Nos maçons experts avançaient les claustras en haut du premier module. Les colonnes de ce dernier sont terminées. Cependant, il y avait un certain ralentissement sur le chantier, car notre ciment n’arrivait pas. Nous avons compris le délai. Effectivement, notre commande a été détournée en cours de livraison par un autre acheteur offrant plus cher. À court terme ce n’est pas grave, mais nous ne voulons pas que ça se reproduise.

Okpa
Mardi, Simon et Henri sont allés à Okpa pour visiter un centre de santé et une école en besoin. Nous allons faire de notre mieux pour aider ce village. Ils ont également eu la chance de rencontré la communauté locale autour d’un bon repas. La partie la plus importante de cette journée de voyagement, c’est clairement ce qu’ils ont ramené : un énorme sac de patates douces! Kyana a presque pleuré de joie en voyant ce magnifique achat. Notre méchant cuisinier a dit que c’était tard pour en manger le soir même, mais nous en avons mangé matin, midi et soir le mercredi!


Fausse fête d’Élicia
Mercredi 30 septembre, c’était la fausse fête d’Élicia. Fidèle à ses traditions québécoises, elle a aidé Francis à faire des beignets à l’orange. Ce n’est pas le gâteau à l’orange de sa famille, mais il fallait bien essayer. Malheureusement, ce n’était pas très bon.
Jeudi et vendredi nous avons commencé les arches au-dessus de la terrasse. Nous espérons que les courbures seront symétriques, car le moule est assez rudimentaire. Voici des photos du processus : pose du moule, pose de l’armature puis pose du coffrage.



Surprise !
Vendredi soir, Daniel nous a fait une méchante surprise. Il est arrivé avec un chiot. Un villageois vendait une portée de chiots. Nous sommes maintenant parents d’un petit pitou nommé Gardien. Nous avons réalisé que ça peut créer des confusions avec notre gardien de chantier, mais il est trop tard pour changer son nom.

Nous avions acheté quelques tonnes de ciment en détail pour pallier le manque, mais ceci a tout de même créé un ralentissement sur le chantier. Donc, en attendant, nous avons eu droit à un atelier de redressage de clous. Tous les clous récupérés dans les planches après le décoffrage doivent être redressés pour les réutiliser. C’est un processus que normalement nous faisons à petite dose au courant de la journée. Cependant, c’était une tâche relaxante à faire un samedi après-midi, la veille de notre journée de congé.
En route vers Savalou
Dimanche le 4 octobre, nous avions de grands plans. Nous avons pris la route à 7h vers Savalou, une ville située à environ 100 km de notre village. En 2007, le PRÉCI y avait construit un dispensaire et nous voulions le visiter. Lors de notre inauguration, nous avons eu la chance de rencontrer M. Arsen, un membre de la famille royale savaloise. Il nous a donc mis en contact avec le palais royal. Nous avons presque l’habitude de rencontrer des rois maintenant!
À notre arrivée, la sœur de M. Arsen, Chantale, nous a accueillis et elle nous a accompagnés toute la journée. Nous avons eu un tour du magnifique palais, rempli de statues et de décorations honorant les rois précédents. Ceci a été accompagné par un cours d’histoire très intéressant sur l’arrivée du premier roi à Savalou. Puis, c’était le moment tant attendu de rencontrer Sa Majesté. Il nous a chaleureusement accueillis dans une pièce avec de l’air climatisé. Kyana a eu un petit lapsus, mentionnant que nous étions six étudiants. Eh oui, après un an à être un groupe de six, c’est parfois difficile de se rappeler que nous ne sommes que cinq au Bénin en ce moment. Après une brève conversation concernant notre projet ainsi que le dispensaire de PRÉCI 2007, nous avons salué le roi. Il est pertinent de mentionner que le roi est un homme assez grand, ce qui est relativement rare au Bénin. Donc, lorsqu’il a serré la main de Simon, il a dû lui dire de se baisser, car il faut toujours être plus bas que le roi. C’était assez comique comme moment.

Visite de PRÉCI 2007
Ensuite, nous sommes allés au dispensaire. Nous sommes heureux de mentionner qu’il est en très bon état. Malheureusement, il y a 10 ans, le Bénin a fermé tous les centres de santé privés et il était très difficile pour les propriétaires de les rouvrir. Il est donc actuellement inactif. C’était tout de même un honneur de visiter un des projets de notre club. Presque 20 ans se sont écoulés entre ce projet et le nôtre. Ceci montre l’importance de PRÉCI et sa persévérance au fil des années.


Comme nous avions un peu de temps avant le dîner, nous nous sommes dirigés vers le cinquième plus grand hôtel vaudou du Bénin. L’odeur et l’ambiance étaient disons… spéciales. C’est un endroit sacré où l’on peut faire des demandes et des offrandes. Chantale nous avait conseillé de faire une demande, puis elle a mentionné que si notre souhait était réalisé et que nous ne revenions pas faire l’offrande, nous allions tomber gravement malades. Considérant la date imminente de notre départ, nous avons préféré garder une petite gêne. Somme toute, nous sommes heureux d’avoir pu visiter un site si important pour la culture du vaudou.
Diner de roi (littéralement)
Vers 13h30, notre ventre gargouillait. Bonne nouvelle pour nous et notre estomac, le palais avait organisé une fête spécialement pour nous. La cour du palais était décorée tel une salle de réception, avec plusieurs membres de la cour présents avec nous. Nous avons eu droit à un spectacle de chant et de danse. Au menu, le meilleur igname pilée et sauce arachide que nous ayons mangés! La nourriture était simplement délicieuse. Les saveurs et les textures se mélangeaient merveilleusement. Sa Majesté a essayé de montrer à Élicia et Kyana comment bien prendre l’igname avec les mains, mais il semble s’être découragé avant qu’elles n’aient compris.

Couronnement
Leur incapacité à manier leur igname pilée de la bonne manière n’a toutefois pas empêché le roi de leur faire le plus beau cadeau. En effet, après le repas nous sommes retournés dans la salle du trône pour deux raisons. D’abord, nous avons mentionné l’abandon du dispensaire de 2007. Il nous a assuré qu’il trouverait une réhabilitation pour ce bâtiment. Par la suite, Sa Majesté nous a fait l’honneur de nous couronner comme dignitaires du roi de Savalou. Ceci signifie qu’à tout moment, si nous avons besoin d’assistance, le roi sera présent pour nous. C’est un réel honneur. Nous avons chacun reçu un collier comme symbole de royauté.

Pour finir la journée en beauté, nous avons visité un musée de l’histoire de la chasse. Nous y avons vu une véritable oreille d’éléphant. À la fin de la visite, chacun a pu lire son Fa. C’est un peu comme le tarot. Seul dans la pièce avec le maître du Fa, nous pouvions poser une question à voix basse. Puis, le maître tirait des noix sacrées huit fois. Le schéma qui s’y dessinait était la réponse à la question. C’était une belle expérience. Bref, notre journée à Savalou a été mémorable.
Lundi, c’est le retour sur le chantier. Nous avons coulé des chaînages hauts et nous avons assisté à la réutilisation des planches de coffrage et des clous.
Arrivée du ciment
Mardi, bonne nouvelle! Notre commande de 20 tonnes est enfin arrivée! Ceci va donc permettre d’accélérer les progrès du chantier. En soirée, les aide-maçons et des villageois se sont mobilisés pour transporter ce ciment vers notre entrepôt.

Finalement, mercredi amorce la fin des travaux de gros œuvre sur notre premier bâtiment. Nous attendons la cure de quelques poutres, mais le bâtiment est presque prêt pour la charpente du toit. Nous sommes ravis de constater que nos efforts portent leurs fruits. Il ne reste plus qu’à reproduire le travail sur le deuxième module.

Notre cœur est rempli de joie grâce à cette expérience et grâce à la présence de notre petit compagnon. Le chiot occupe nos soirées, anime nos matins et crée de drôles de moments. Bref, l’équipe s’est agrandie. Ne vous inquiétez pas chers lecteurs, après notre départ, le chiot sera donné au gardien du poulailler. Il est très heureux que nous ayons pu lui acheter. Daniel ne l’aurait pas adopté s’il n’était pas certain qu’il aurait une bonne famille après notre retour au Canada. Après tout, la priorité du PRÉCI est la pérennité. On salue Thanvir aussi souvent que possible !


Photos coup de coeur de la semaine



Merci Henri et Daniel pour ces photos.
L’équipe vous souhaite une bonne journée ! Le prochain blogue sera publié le 24 octobre.


