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Semaine 4 et 5

Ce blog marque notre premier mois complet au Bénin. Pour célébrer cette occasion, nous voulons vous parler de quelques particularités de langage que nous vivons ici. Nous avons maintenant compris que nous parlons tous français, mais que nous ne parlons pas exactement la même langue.

Cours de langue

Lorsqu’on salue quelqu’un, on ne peut pas seulement demander comment ça va. Ici, on passe par de multiples questions. Par exemple, ils vont dire : « Vous avez fait un peu ? ». Nous n’avons aucune idée de ce que ça veut dire concrètement, donc nous répondons simplement oui. Puis, il y a la formule : « Et la fatigue d’hier ? Et la fatigue d’aujourd’hui ? Et le travail ? Et la maison ? Et les enfants ? ». Bref, ce n’est pas rapide de saluer quelqu’un.

Une expression qui nous a grandement surpris la première fois que nous l’avons entendue, c’est « Bonne assise ». Donc, lorsque quelqu’un passe à côté de nous pendant que nous sommes assis, c’est ce qu’il nous dit. Avant, ça sonnait un peu condescendant, mais maintenant nous comprenons que ce n’est qu’une simple façon de saluer. C’est selon ce même principe que nous nous faisons dire « Bon travail » ou « Koudaso » en fon, environ toutes les 12 minutes sur le chantier. La leçon est terminée, passons à nos activités des derniers temps !

Mauvaise nouvelle

Nous aimerions en profiter pour vous annoncer la mort de notre poussin Richy. Un accident sur le chantier est si vite arrivé. Il ne portait pas son casque. En réalité, durant notre dîner, notre cuisinier a pointé, choqué, le petit poussin mort. Kyana s’est écriée et les garçons ont commencé à rire. Nous avons débuté une investigation détaillée. Les suspects : Daniel, Simon et Kyana. Le coupable ne s’est pas dévoilé. Richy serait-il mort de causes naturelles… Qui sait ? (Nous pensons tous que Kyana l’aurait tué à coups de cap d’acier.) Morale de l’histoire : les EPI peuvent sauver des vies, mais ils peuvent aussi en enlever.

Avancement du chantier

En deux jours, les murs de soubassement du bâtiment 1 étaient terminés. Justement, pendant que les murs de fondation s’élevaient sur le premier module, les semelles isolées et filantes du deuxième bâtiment avançaient à merveille. Nous n’avons eu aucune problématique à cette étape. Cependant, nous commencions à subir les effets physiques du mélange de béton à la main. Nos maçons sont exceptionnels, car ils ne semblaient jamais se fatiguer. Tout comme Simon. Malgré une grosse grippe d’homme, il était impossible de le garder hors du chantier. Il a même dit que bouger le faisait guérir plus rapidement.

Jeudi, c’était mission gravier. Nous avons passé une commande compliquée, mais très rentable. Le soir même, nous avons reçu un énorme camion de gravier, et un autre le lendemain.

Cérémonie Egoun Goun

Dimanche rime maintenant avec congé ! Le plan était de se lever à l’aube pour aller voir une mare d’hippopotames. Malheureusement, notre organisateur n’avait pas compris que nous voulions y aller ce dimanche. Cependant, en après-midi, nous sommes allés à Savè pour assister à une cérémonie Egoun goun. C’était un regroupement dans la ville pour le couronnement de quelques adeptes du vodoun. Pendant l’événement, des personnes costumées sont contrôlés par l’esprit qu’elles représentent. Lorsqu’elles sont sous cette forme, il ne faut surtout pas qu’elles nous touchent, car elles peuvent nous empoisonner selon les croyances. Des membres protégeaient donc les spectateurs avec des bâtons pour rediriger les esprits. Les esprits dansaient et certains effectuaient même des saltos. La foule s’amusait en provoquant les esprits. Ces derniers répliquaient en pourchassant la foule. Cette cérémonie était une vraie immersion culturelle. Nous avons adoré les couleurs, la musique et les croyances autour de cet événement.

Nous voulions souper à Savè pour offrir un repos à notre cuisinier. Ce n’était cependant pas facile de trouver un endroit convenable. Après trois tentatives échouées, nous avons mangé dans un bar avec de la musique beaucoup trop forte et des lumières étourdissantes. Toute l’équipe est sortie de ce souper avec un mal de tête et une envie irrésistible de notre nourriture du village.

Rentrée scolaire

Lundi, c’était retour au travail et la rentrée scolaire. Comme nous agrandissons une école, il fallait bien se douter qu’il y aurait plein d’enfants curieux autour du chantier. La dynamique est très différente depuis. Les enfants nous observent, essaient de nous aider et créent des foules autour de nous. Il faut constamment leur rappeler de s’éloigner de notre maison, car ils n’ont pas vraiment le concept de la vie privée. Somme toute, ils sont charmants et ils animent les journées.

Le retour du pelletage

Nous étions peut-être dans le déni, mais nous pensions en avoir terminé avec le piochage et le pelletage. Eh bien non, c’était l’heure du remblayage ! Donc toutes ces belles fondations que nous avions creusées devaient maintenant être remplies. Nous étions donc lancés pour un bon trois jours de remblai, seulement pour le premier bâtiment. De la bonne musique et beaucoup d’eau ont fortement aidé. Pendant ce temps, les maçons montaient les murs de fondation du second module.

Mercredi, les murs du module 1 ont commencé à s’élever. La vitesse du progrès était incroyable ! On travaillait à l’unisson. En une journée, la moitié de l’école semblait construite. Nous vivions un tel sentiment de fierté en voyant notre école se concrétiser. Elle n’est plus une simple fondation, elle a des murs ! De plus, nous sommes en avance sur l’échéancier ! Donc croisons les doigts pour que tout le projet se déroule ainsi.

Journée à Dassa

Jeudi a été une grosse journée pour nos amis en finances. Élicia et Thanvir se sont rendus à la banque de Dassa pour retirer des fonds. Comment se sont-ils rendus, vous vous demandez ? Ils ont pris une première moto vers Savè, puis une voiture-taxi trop remplie jusqu’à Dassa, puis une autre moto jusqu’à la banque. Puis, une transaction normalement simple s’est transformée (comme d’habitude) en une journée complète d’attente à la banque, et une nuit dans un hôtel. Notre contremaître a eu la gentillesse de venir les chercher et de les amener dormir dans un hôtel à Savè. Le lendemain matin, comme par magie, en une heure tout était terminé. Ils ne s’en plaignent pas, car ils avaient bien hâte de se changer. Point positif de ce périple : ils ont vu les meilleures toilettes du Bénin à ce jour à la banque ! Ils ont aussi pu dormir dans un grand lit avec un ventilateur. 10/10.

Pendant ce temps, le chantier avançait à merveille. Les murs montaient de plus en plus. Chacun développait ses compétences en maçonnerie. Certains dans l’équipe sont plus doués, et certains sont plus patients.

Vendredi, l’équipe a commencé des remue-méninges concernant les projets secondaires. Nous avons rapidement constaté que nous pouvions faire une grande différence dans les alentours avec de simples modifications. Nous avons pris le temps de discuter avec d’autres directeurs et de visiter le centre de santé pour évaluer les besoins.

Trahison

Cependant, après cette belle journée productive, un drame est survenu. Kyana et Élicia ont découvert que les garçons avaient ouvert le pot commun de Nutella SANS ELLES ! La trahison était inconcevable ! Le crime avait été commis il y a plus d’une semaine, alors qu’elles étaient parties au village pour tresser leurs cheveux. Après de fortes négociations, elles ont réussi à obtenir des excuses de chacun. Aucun remords dans leur voix cependant.

Dimanche productif

Dimanche, plutôt que de se reposer, nous avons décidé de prendre de l’avance sur notre échéancier. Avec l’aide des aide-maçons et de plusieurs hommes du village, nous avons passé la journée à remblayer le premier bâtiment. C’est avec beaucoup de sable, beaucoup de sueur et beaucoup de pauses que nous avons réussi à compléter cette tâche ardue. C’est motivant de voir notre projet progresser.

Lundi, mardi et mercredi ont été consacrés, encore une fois, au remblayage des classes et aux murs. Nous avons aussi débuté la fabrication des claustras. Henri et Simon ont dû s’absenter pour réparer la motopompe. Ils sont revenus de la rivière tout mouillés, mais très fiers de leur accomplissement. Mis à part nos vols de pelles, ces journées étaient simples. Un petit singe de compagnie est venu nous rendre visite, mettant un sourire sur les lèvres de tout le monde.

Fausse fête

Nous avons même fêté la fausse fête de Daniel cette semaine ! Il a eu 32 ans selon les enfants. Pour célébrer, Élicia a montré au cuisinier Francis comment faire des crêpes. Elles étaient très épaisses, mais délicieuses. Un briquet a dû remplacer les bougies.

En bref, nous apprécions notre rythme de vie béninois. Les soupers en équipe et les feux en soirée sont très agréables.

Photos coup de coeur de la semaine

Merci Daniel et Henri pour les photos.

L’équipe vous souhaite une bonne journée ! Le prochain blogue sera publié le 10 octobre.

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